Banque

Présenter son entreprise en cinq minutes : la structure qui convainc

Publié le 22 septembre 2026 · Lecture 3 min

Un dirigeant raconte son entreprise des dizaines de fois par an : à un banquier, à un prospect important, à un investisseur, à un repreneur, à un nouveau collaborateur. La plupart improvisent, commencent par l'historique, et perdent leur interlocuteur avant d'arriver à l'essentiel. Une structure simple, travaillée une fois, sert pour toujours.

Pourquoi cinq minutes

C'est le temps dont dispose la plupart des interlocuteurs avant de se faire une idée. C'est aussi, pour un banquier, la matière de la note qu'il rédigera pour son comité : ce que vous lui donnez à retenir est ce qu'il transmettra. Un récit clair arrive intact au décideur ; un récit confus arrive déformé.

La structure en cinq temps

  1. Ce que fait l'entreprise, en une phrase. Qu'un non-spécialiste comprend. « On transporte des pièces industrielles urgentes entre l'Île-de-France et le Nord. » Pas « on est un acteur de la logistique à valeur ajoutée ».
  2. Pour qui, et pourquoi ils vous choisissent. « Douze clients réguliers, qui nous choisissent parce qu'on garantit la livraison sous quatre heures. » La raison du choix est votre avantage réel.
  3. Où vous en êtes, en trois chiffres. Chiffre d'affaires, résultat ou marge, effectif. « 1,4 million l'an dernier, 6 % de résultat, quinze salariés. »
  4. Ce que vous voulez faire. Le projet et ce qu'il change. « Deux clients nous demandent de couvrir la Belgique, soit 300 000 euros de chiffre en plus par an. »
  5. Ce que vous demandez. Et, pour un financeur, comment ça se rembourse. « Il me faut deux véhicules, 120 000 euros sur cinq ans ; les contrats signés couvrent deux fois la mensualité. »

Commencer par le point, pas par l'histoire

Le piège le plus fréquent est de raconter dans l'ordre chronologique : « j'ai créé l'entreprise en 2014, au départ on faisait… ». L'interlocuteur ne sait pas où vous allez et décroche. L'histoire de l'entreprise est intéressante, mais seulement une fois qu'il a compris ce qu'elle fait aujourd'hui et ce que vous attendez de lui. Gardez-la pour les questions.

Adapter le cinquième temps

La structure reste la même, seul le dernier temps change selon l'interlocuteur. Devant un banquier : le montant, la durée, le remboursement, l'apport. Devant un gros client : ce que vous proposez de faire pour lui. Devant un repreneur : ce que vous cédez et à quelles conditions. Devant un candidat à l'embauche : le poste et pourquoi il compte.

Les points faibles, abordés par vous

Tout dossier a des points faibles : une marge qui a baissé, un client qui pèse trop lourd, un découvert passé. Abordez les deux plus visibles vous-même, avant qu'on vous les pose, en trois temps : la cause, ce que vous avez fait, ce que ça donne. « La marge a baissé d'un point à cause du carburant ; j'ai renégocié les tarifs en janvier, le premier trimestre est revenu au niveau. » Un point faible présenté par le dirigeant devient une preuve de lucidité ; découvert par l'interlocuteur, il devient un doute.

S'entraîner

Écrivez le récit, dites-le à voix haute, chronométré, et recommencez jusqu'à tenir en cinq minutes sans notes. Testez-le sur votre expert-comptable, qui connaît vos chiffres et repérera les approximations. Ayez en tête une dizaine de chiffres clés (chiffre d'affaires des deux dernières années, résultat, marge, effectif, trésorerie, encours de crédit) : un dirigeant qui cherche ses chiffres dans un classeur donne le sentiment de ne pas piloter son entreprise.

Cet article est tiré du guide Le Ton juste, 91 pages pour communiquer en dirigeant avec ses salariés, ses clients, ses fournisseurs et sa banque : mécanismes, mots exacts, grilles de préparation et fiches par situation.

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